Dans son Tractatus de moderno Ecclesiae schismate (Traité du schisme moderne), saint Vincent Ferrier aborde la question du schisme et de l’autorité pontificale avec une extrême gravité. Pour lui, il ne s’agit pas d’une simple difficulté institutionnelle ou d’une erreur concernant une personne : la question touche directement à l’honneur dû au Christ et à l’obéissance religieuse que les chrétiens doivent rendre à l’autorité véritablement établie par Lui.
Saint Vincent Ferrier développe son raisonnement à partir d’un principe fondamental : le pape légitime est le père universel des chrétiens, parce qu’il exerce dans l’Église une autorité qui vient du Christ. Dès lors, reconnaître comme pape quelqu’un qui ne possède pas réellement cette dignité et lui attribuer les honneurs pontificaux revient, selon son analyse, à donner à une créature ce qui appartient à une autorité venant du Christ.
Il écrit :
« Le pape légitime est le père universel des chrétiens, et l’Église en est la mère. Aussi, en prêtant obéissance à quelqu’un qui n’est pas pape et en lui attribuant les honneurs papaux, on transgresse le premier précepte de la première table, en lequel il est ordonné : “Tu n’auras point de dieux étrangers, ni d’idole.” (Deutéronome 5,7).
Or, qu’est-ce qu’un faux pape sinon un dieu étranger en ce monde, une idole, une statue, une image ou représentation fictive du Christ ? »
(Saint Vincent Ferrier, Traité du schisme moderne)
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