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Le Pénitent Breton Pierre de Keriolet - Hippolyte le Gouvello...télécharger, imprimer, partager

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Pierre Le Gouvello de Keriolet (ou Kériolet), né le 14 juillet 1602 à Auray (Bretagne) et mort le 8 octobre 1660 à Sainte-Anne-d’Auray (ou Pluneret), est un noble breton connu pour sa conversion spectaculaire : d’une vie de débauche et de scandale à une existence de pénitent et de prêtre, mort « en odeur de sainteté ».
Issu d’une famille noble et chrétienne (fils d’Olivier Le Gouvello, seigneur de Keriolet, Kerlois et Talhouët-Salo, et de Marie-Anne Guido), il passe son enfance au château de Kerlois (près de Pluvigner). Dès le plus jeune âge, il se montre turbulent, violent et porté au mal. Ses parents l’envoient au collège des Jésuites de Rennes, mais cela n’améliore pas son caractère : il vole, se rebelle et mène une vie dissolue.
Vers 20-22 ans, il vole l’argent de ses parents et s’enfuit. Il tente de rejoindre l’Empire ottoman pour se convertir à l’islam (dans l’espoir d’avantages et d’un harem), mais des obstacles l’en empêchent (dont une attaque de brigands en Allemagne où il invoque Notre-Dame de Liesse avant d’oublier son vœu). Il erre en Europe, multiplie les duels, les séductions (y compris de religieuses), les escroqueries, les blasphèmes et les scandales. De retour en Bretagne après la mort de ses parents (vers 1635), il dispute l’héritage à ses sœurs, se convertit temporairement au protestantisme pour obtenir des avantages, puis rachète une charge de conseiller au Parlement de Bretagne (qu’il exerce mal, en attisant les conflits). Il se moque des apparitions de sainte Anne près d’Auray, commet des sacrilèges et va jusqu’à tirer au pistolet vers le ciel pendant un orage pour défier Dieu.
Sa conversion radicale a lieu début janvier 1636 (autour du 3 ou 6 janvier) à Loudun, lors des célèbres exorcismes des Ursulines possédées (affaire Urbain Grandier). Attiré par curiosité (ou pour séduire une jeune protestante), il assiste à une séance d’exorcisme. Les démons le reconnaissent, révèlent ses péchés et déclarent que sa « chance du diable » était en réalité la protection de la Vierge Marie. Bouleversé, il fait une confession publique, se confesse et change totalement de vie.
Il se met à une pénitence austère : pèlerinages à pied (Notre-Dame de Liesse, Rome, Compostelle, Mont-Saint-Michel, Montserrat, etc., parcourant d’énormes distances), pauvreté volontaire, mortifications, distribution de ses biens aux pauvres. Il transforme son château de Kerlois en hospice pour les miséreux et les malades, et contribue à la fondation d’un hôpital à Auray (réalisé plus tard avec les Augustines). Ordonné prêtre le 28 mars 1637 par l’évêque de Vannes (Mgr de Rosmadec), malgré son passé, il mène une vie de prière, de charité et d’humilité jusqu’à sa mort.
Il meurt à 58 ans et est inhumé dans une chapelle de la basilique Sainte-Anne d’Auray, où il fait l’objet d’une dévotion populaire (surnommé parfois « saint Keriolet » ou « le bandit de Dieu »). Sa vie illustre le thème de la rédemption et de la miséricorde divine, particulièrement liée à la protection mariale.